Les infirmiers étrangers sont la solution idéale, à condition d’avoir de la patience.

Publié le: 22 mars 2018
La semaine des soins de santé organisée en Flandre a une nouvelle fois souligné le manque criant d’infirmiers dans nos hôpitaux et centres de soins et de logement. Des chiffres récents montrent que le flux entrant est trop faible pour contrebalancer le vieillissement à venir dans le secteur. Des infirmiers hautement qualifiés extérieurs à l’Europe sont prêts à combler ce manque. Ils apprennent le néerlandais dans leur pays d’origine, possèdent les compétences techniques et veulent travailler. Dans ce cas, pourquoi ne sont-ils pas encore dans nos hôpitaux ? Parce que la procédure est trop longue.

Il ressort de chiffres communiqués par Acerta que le flux entrant moyen pour le secteur des soins s'élève à 27 %, soit 2 % de plus que le flux sortant, mais ce pourcentage n’est pas suffisant pour combler le manque de main-d'œuvre. Et certainement pas avec le vieillissement à venir. On recherche des infirmiers partout. On motive les futurs étudiants à l’aide d’une escape room, les robots font leur entrée dans les centres de soins et de logement et les pouvoirs publics font tout ce qu’ils peuvent pour rendre le métier plus attractif. Étant donné qu’aujourd’hui, les candidats sont rares sur le marché belge, Select Medical se tourne vers les infirmiers en provenance de l’étranger.

LES INFIRMIERS ÉTRANGERS VIENNENT LE PLUS SOUVENT DES PAYS-BAS
91 % du personnel employé dans le secteur est de nationalité belge, c’est 10 % de moins que dans le secteur marchand. Les infirmiers étrangers viennent le plus souvent des Pays-Bas, de France et du Maroc. Mais la demande d’infirmiers augmente également dans ces pays. Nous devons donc étendre nos recherches plus loin qu’en Europe. Cela se fait encore très peu en raison de la certification des diplômes équivalents. Les infirmiers étrangers possèdent les mêmes compétences, mais cela dure trop longtemps pour que cela soit attesté sur papier.

LES EXIGENCES SONT PLUS STRICTED EN ÉMIRATS ARABES UNIS
Il s’agit du plus gros frein pour Select Medical. « Depuis peu, nous nous focalisons sur les infirmiers étrangers. Principalement en provenance des Émirats arabes unis », explique Sophie Buytaert, consultante chez Select Medical. « Des pays comme les Philippines possèdent une véritable culture des soins. Leurs hôpitaux sont accrédités JCI, leurs infirmiers doivent posséder des aptitudes techniques, ainsi que tout un arsenal de compétences. Les exigences pour pouvoir travailler dans un hôpital arabe sont beaucoup plus strictes que chez nous. Nous savons donc que les patients belges sont entre de bonnes mains. »

LES HÔPITAUX ONT BESOIN D’INFIRMIERS SUPPLÉMENTAIRES MAINTENANT, PAS DANS DOUZE MOIS.
Les recruteurs locaux de l’agence Select de Dubaï connaissent l’environnement, les hôpitaux et les universités, ils effectuent le premier screening. « Sur une liste de 120 CV, nous avons pour l’instant retenu 8 candidats très solides que nous proposons aux hôpitaux de notre pays. Leur plus grande pierre d’achoppement ? Le temps. » L’équivalence des diplômes et la délivrance du bon visa prennent un an. Ils peuvent mettre cette année à profit pour apprendre le néerlandais et suivre des cours d’insertion, mais les hôpitaux ne peuvent pas se permettre d’attendre un an. Ils ont besoin d’infirmiers supplémentaires maintenant, pas dans douze mois. « En 2018, le monde est devenu petit et numérique, pourquoi dès lors ne pas utiliser ce progrès pour accélérer la procédure ? Cela donnerait un énorme coup d’accélérateur au flux entrant. »